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Concert

Ararat

L'ensemble Canticum Novum

Enregistré à : Abbaye Notre-Dame d’Orcival - Orcival


Plongez dans un voyage spatio-temporel au coeur de l'Orient avec le Canticum Novum, pour commémorer le centenaire du génocide arménien

Tout public

Résumé

L’année 2015 marque le centenaire du génocide arménien. Pour commémorer cet événement douloureux, Canticum Novum prend le parti de créer une oeuvre originale intitulée Ararat, qui met en avant un dialogue interculturel entre la France et l’Arménie. Enregistrée avec des moyens exceptionnels et sans public, cette création immerge nos sens dans un voyage, à la fois dans le temps et en Orient.

Envergure de l’Art Musical (IXe - XIIIe siècle)

En 885, l’Arménie recouvre son indépendance et sa culture connaît un nouvel essor. Vers la moitié du XIe siècle, les invasions des Turcs seldjoukides conduisent les Arméniens à émigrer, ce qui conduit, entre autres, à la fondation du royaume de Cilicie. À cette époque, les grandes villes comme Dvin, Van, Kars, Ardzni, Ani, jouent un rôle considérable dans la vie sociale, économique et politique.

La vie culturelle d’Ani est nettement plus riche à celle des villes de l’Europe occidentale du Moyen-Âge. À Ani, Sanahine et Narek, des séminaires sont fondés où l’on enseigne la théologie, la philosophie, la cosmologie et la musique. Cette période connaît également un essor littéraire : le poète mystique Grigor Narekatsi (Grégoire de Narek) (951-1003) se fraie une voie dans la poésie populaire.

La grande rénovation opérée en Cilicie par Nersès le Gracieux (Nersès Chenorhali) (1102-1172) semble avoir comporté outre un enrichissement considérable de l’hymnaire, une rénovation de la notation neumatique. Développée à compter du IXe siècle, celle-ci atteint son point culminant vers les XIIIe -XVe siècle pour ensuite décliner puis disparaître vers les XVIIIe XIXe siècles. En l’absence des clés de déchiffrement, il est impossible d’affirmer s’il y a eu, ou non, transformation des vieilles mélodies.

Cette période voit naître le poète et philosophe Frik, et le poète lyrique Constantin Erzengatsi (Constantin d’Erzenga). Enfin, l’art des goussans atteint son sommet. Les principales mélodies de ces troubadours expriment un amour romantique et chevaleresque qui renferment un sens politique, historique ou moral. Il est essentiel là encore de noter que la musique était monophonique et douée d’une grande profondeur émotionnelle.

Art des Troubadours (XIVe - XVIIIe siècle)

La plus sombre époque historique de l’Arménie s’étend du XIVe au XVIIIe siècle, marquée par les conquêtes et invasions des Mongols, Tatars, Ottomans et Perses. En 1555, le partage de l’Arménie entre la Turquie seldjoukide et la Perse annihile le patrimoine culture et les trésors d’une civilisation millénaire. C’est l’exode, l’émigration et par là-même, la création de nombreux foyers arméniens de par le vaste monde. De la gravité de ces époques naissent les ballades narratives, les chants plaintifs, satiriques et surtout les «antoun» (sans-demeure).

Ce genre musical s’appelle le dagh, chant composé sur des thèmes très larges renfermant des sujets philosophiques, spirituels, lyriques ou comiques. Le dagh est la forme la plus riche mais également la plus complexe de l’art monodique. Les traditions musicales de ces époques sont conservées grâce aux achough (troubadours), dont le plus renommé est sans contexte Sayat Nova, dont l’oeuvre marque l’Àge d’Or de l’art des goussans et des achough.

L’histoire de la musique liturgique est le reflet de la culture arménienne : ouverte aux richesses des différentes cultures avec lesquelles elle entre en contact, elle n’en demeure pas moins elle-même. Ainsi en témoigne le rejet des traductions arméniennes de la liturgie romaine, établies par les Frères Uniteurs à l’instigation des missionnaires dominicains au XIVe siècle.

«_Ne sois pas fier afin de plaire aux supérieurs. Incline-toi même par-devant tes inférieurs. Dieu a donné une âme pareille à tous les hommes. Aime l’indigent, aime ton hôte, aime l’étranger_». Sayat Nova

En redécouvrant et interprétant des répertoires de musique ancienne, Canticum Novum tisse des liens entre la musique d’Europe occidentale et le répertoire du bassin méditerranéen, riche de l’union du monde chrétien et d’un orient marqué d’une double hérédité juive et mauresque. Ces programmes reflètent par ailleurs une autre ambition de Canticum Novum : celle de positionner l’aventure humaine et l’interculturalité au cœur de ses projets et d’interroger sans cesse l’identité, l’oralité, la transmission et la mémoire. Les œuvres interprétées par Canticum Novum (équipe de 3 à 15 musiciens selon les configurations) permettent de redécouvrir les répertoires méditerranéens mais aussi afghans, turcs, persans, arabes, séfarades, arméniens, chypriotes… Ces musiques, à la croisée des chemins, des cultures et des expressions artistiques, étonnamment vivantes après 800 ans de partage, témoignent de diversité, de respect et de tolérance.

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