Lancer la vidéo

Concert

Llibre Vermel De Montserrat

L’ensemble Canticum Novum

Enregistré à : Eglise du Prieuré - Champdieu


Un voyage hors du temps, pour célébrer la vierge noire du monastère de Montserrat et les pélerins qui venaient la prier, à l’écoute des cantiques du Llibre Vermel De Montserrat interprété par le Canticum Novum.

Tout public

Résumé

Les pèlerins qui s’arrêtaient au monastère de Montserrat pour prier la Vierge noire étaient accueillis par une musique mystérieuse, faite de rythmes colorés, de danses et de prières… El Llibre Vermell de Montserrat (tirant son nom du velours rouge dont il est couvert) est une oeuvre musicale anonyme héritée du dernier quart du XIVe siècle à l’usage des pèlerins de Montserrat. Cette création interprétée sans public, enregistrée avec des moyens exceptionnels, est un hommage à ce manuscrit qui raconte une Espagne joyeuse, riche du croisement des peuples et des traditions d’Orient et d’Occident.

D’après plusieurs confirmations de musicologues, cette musique serait héritée de l’église orthodoxe et de la dévotion du culte marial depuis la seconde moitié du XIe, jusqu’au XIIIe siècle. Le recueil mêle, de façon tout à fait exceptionnelle, inspiration populaire et musique savante, intégrant ainsi cette convivialité des trois cultures, musulmane, chrétienne et juive, qui a façonné l’identité ibérique. Les textes des chants, en latin ou en catalan, reflètent toutes les nuances de la piété mariale, à l’exception de l’étonnante danse macabre Ad mortem festinamus. Cette danse nous révèle un XIVe siècle traversé par des drames : la Grande Peste et la Guerre de Cent Ans.

Comme si les pierres de ce lieu insolite résonnaient des chants à la gloire de la Vierge Noire, respectée entre toutes par les voyageurs et pèlerins venus de contrées lointaines. Autour notamment de la harpe, de la bombarde et de l’oud, ce florilège de musiques sacrées et de danses profanes raconte cette Espagne, riche du croisement des peuples et des traditions d’Orient et d’Occident. Voyage hors du temps entre le XIVe siècle et aujourd’hui. Au coeur d’un territoire où communautés arabe, séfarade et espagnole cohabitent et tentent de construire un équilibre malgré leurs différences. Musique à la croisée des chemins, des cultures, des expressions artistiques… Musique étonnamment vivante après 800 ans de partage, d’une énergie exaltante, témoignage de diversité, de respect et de tolérance.

Le culte marial. Dans ce contexte, de nombreux lieux de culte se constituent alors et des cohortes de pèlerins se mettent en route. La Vierge inspire nombre de poètes et musiciens. Lorsqu’ils parvenaient à destination, les pèlerins qui se rendaient à Montserrat afin de rendre hommage à la Vierge Noire du sanctuaire, ils étaient invités à troquer les chansons profanes contre d’autres “honnêtes et pieuses”. Les textes du Llibre Vermell, rassemblés par les moines de Montserrat à la fin du XIVe siècle, comprend dix chansons destinées à cet usage. Certaines de ces chansons sont l’oeuvre des moines eux-mêmes, d’autres issues de compositeurs de la cour d’Aragon. Trois d’entre elles (Cuncti simus concanentes, Los set goyts, Ad mortem festinamus) sont des chansons à danser que les pèlerins abordent comme des rondes… Trois autres évoquent la chasse et rappellent le rondeau. Polorum regina, demeure une chanson folklorique très populaire encore au XVIe siècle. Ces chants sont considérés comme les plus belles oeuvres anonymes et collectives qui nous soient parvenues du Moyen-Age.

«Les pèlerins voulaient chanter et danser pour rester vigilants la nuit dans l’église de la Bienheureuse Marie de Montserrat, mais également dans la lumière du jour. De plus, les chants n’étaient autorisés dans l’église que s’ils demeuraient chastes et pieux. C’est pour ces raisons, plus ou moins bonnes, que ces chants ont été composés. Ils devaient donc être utilisés avec modestie en prenant garde de ne pas perturber ceux qui étaient plongés dans la prière ou dans la dévotion contemplative

Ces cantiques étaient donc écrits pour des pèlerins afin qu’ils puissent utiliser un registre chaste et pieux. Ils sont rédigés en catalan ou en latin. Bien que la collection ait été réalisée à la fin du XIVe, les styles musicaux utilisés semblent plus anciens. Ces cantiques ont de nombreuses propriétés de la musique folk ou des hymnes. Certains sont des monodies et d’autres sont construits en deux ou quatre parties polyphoniques. Certaines monodies peuvent être chantées en canon. La relative simplicité de ces cantiques, couplées avec de fortes mélodies ont contribué à assurer le succès postérieur du Livre vermeil.

En redécouvrant et interprétant des répertoires de musique ancienne, Canticum Novum tisse des liens entre la musique d’Europe occidentale et le répertoire du bassin méditerranéen, riche de l’union du monde chrétien et d’un orient marqué d’une double hérédité juive et mauresque. Ces programmes reflètent par ailleurs une autre ambition de Canticum Novum : celle de positionner l’aventure humaine et l’interculturalité au cœur de ses projets et d’interroger sans cesse l’identité, l’oralité, la transmission et la mémoire. Les œuvres interprétées par Canticum Novum (équipe de 3 à 15 musiciens selon les configurations) permettent de redécouvrir les répertoires méditerranéens mais aussi afghans, turcs, persans, arabes, séfarades, arméniens, chypriotes… Ces musiques, à la croisée des chemins, des cultures et des expressions artistiques, étonnamment vivantes après 800 ans de partage, témoignent de diversité, de respect et de tolérance.

Découvrez avec nous la diversité de toutes les scènes tout en contribuant à un modèle éthique de rémunération des ayants-droit